Lundi 21 janvier 2008

Alexandre Hartig : Vous avez ouvert l`école civile de Hacking il y a 10 ans a Moscou, la seule dans ce genre au monde, comment avez vous eu l`idée d ouvrir une telle école?

Arvi le Hacker : En fait j’étais dans un camp de hippies au bord de la mer noire, il y avait la des étudiants en arts martiaux, comme j`enseignais les arts martiaux a Moscou, je les aidais dans leur pratique au bord de la mer noire pendant l’été 1996. Ces étudiants savaient que j`étais un Hacker, et ils m’ont demandé de leur enseigner l`art du Hacking. En premier j`ai refusé, car sans école il n`était pas possible. Mais ils ont insisté et m`ont proposé d`en créer une. Pendant les 6 mois suivants j`ais évalué les possibles problèmes ainsi que les et avantages d`ouvrir cette école. Finalement j`ais décidé de l`ouvrir. Il n y a rien d`illégal ni de mauvais d`étudier l`art du Hacking.

Vous m`avez dit que vous avez ouvert l`école juste après votre anniversaire de vos 23 ans.

Oui j`ai réuni tous les étudiants qui pratiquent le Hacking, il y eu un gâteaux d’anniversaire avec des bougies, j`ais fais le voeux que l’école de Hacking soit fondée, et j’ais soufflé les bougies. Un mois plus tard, en Janvier 1997 je les ai réuni a nouveaux pour le premier séminaire, j`ai dirigé les séminaires avec la même méthode éducative qu’actuellement, 10 ans plus tard.

Quelle est la relation entre les arts Martiaux et le Hacking ?

En regardant les arts martiaux en profondeur, on aperçoit que tous sont en rapport avec l`école Zen, une excellente école d`origine japonaise avec des racines profondes en Chine et en Corée. Apres avoir compris cela, je commençais a pratiquer le Zen, maintenant j`organise le fonctionnement de l`école de Hacking sur le même système que les écoles des arts martiaux. Ces arts sont faits pour détruire mais aussi pour se défendre, tout comme dans le Hacking, il faut avoir le sens de l`éthique. J`ai créer un système de niveaux semblable aux ceintures des arts martiaux Japonnais, mes élèves commencent avec le bracelet blanc, ensuite vient le, bleu, vert, rouge et noir. Bien que jusqu`a ce jour aucun n`ai encore atteint le noir.

Pour vous le Hacking est une sorte d`art martial de l`intellect?

On peut comparer l`art du hacking aux jeux d`échecs, dans ces jeux il y a des règlements, dans le piratage informatique il n`y en a pas, mais il y a de l`éthique, celui qui développe ses connaissances dans le hacking peut en même temps développer son sens de l`éthique. Oui je pense que le hacking est une sorte d`art martial. Mais après avoir exprimé cela à pas mal de gens, j`ai trouve qu ils ne comprenaient pas l`idée. Ils ont vu dans l`art du hacking une sorte de destruction, une forme d`agression, en réalité l`art du hacking n’est pas seulement un art de destruction mais aussi un art de défense et de construction. C`est un art créatif, qui peut aider a créer de magnifiques programmes, beaucoup de Hackers connus ne sont pas du tout engages dans des activités de piratages. Ils passent leur temps à créer de beaux programmes comme celui que nous utilisons pour notre interview, (audio city). Ces programmes ont étés crées par des pirates qui ont rien a faire avec le piratages de données sécurisées.

Pouvez vous me donner des exemples dans lesquels l`art du Hacking a été utilisé dans un sens positif?

Une dame était venue vers moi car son nom et numéro de téléphone ont été postés sur différents sites Internet pornographiques contre son gré, et donc elle recevait beaucoup de téléphones de gens qui voulaient des rapports sexuels ou autre. Elle ne savait pas quoi faire pour arrêter ces téléphones. Un de mes étudiants, en consultant ces sites, a trouver les coordonnées des responsables. Ces coordonnes ont étés retires des sites. Elle était tellement soulagée, et ne savait comment remercier mon élève.

Qui sont les gens qui étudient dans votre école? Quels sont leurs buts?

J`accepte des gens de tous les ages, de l`enfance jusqu`a la retraite, cela dépends principalement de leur motivation d`apprendre. Si ils veulent savoir comment un ordinateur fonctionne et dédicacer leurs vie à cet art, il viennent chez mois apprendre l`art du Hacking.

Pensez vous que vos étudiants étudient le Hacking pour une utilisation positive?

Beaucoup de gens ont une mauvaise idée de ce que peut être un Hacker, car ils regardent les films de Hollywood ou les Hacker sont toujours peints en noir, qui volent, et aussi a cause des medias. Les élèves qui viennent a mon école ont une idée très différente de ce qu`est le Hacking. Dans notre école nous n`avons aucune activité de piratage criminelle, nous étudions les programmes, les protocoles de communications de réseaux, des activités totalement différentes de ceux de criminels, la plupart des étudiants qui viennent étudier dans mon école savent déjà ce qu`est le piratage informatique, La société essaie toujours de les pousser vers le mauvais chemin, des personnes me contactent régulièrement avec l`idée en tête que je dois craquer des systèmes informatiques pour eux, des e-mail ou des site web, bien sur je refuse de le faire et mes étudiants également.

Vous enseignez en privé dans votre studio d`une pièce remplie d`ordinateurs, et aussi au“ Pionner Palace” a Moscou, Celle-ci est une institution publique, pourquoi cette institution est intéressée d`enseigner le Hacking à des jeunes?

Mon premier rapport avec des ordinateurs était au “pionner palace” Des que les ordinateurs sont apparus en union soviétique, ils étaient places a des endroits ou les enfants pouvaient les étudier, j ai appris beaucoup au “pionner palace” Maintenant que j `ais ma propre école je me suis présenter a cette institution en tant que professeur. Il n` y a pas d intérêt du gouvernent a enseigner le Hacking, c`est mon désir personnel d`y enseigner, en retour de ce que j`y est appris étant enfant. J`aimerais qu`un jour d` autres suivent mon exemple et ouvrent des écoles de Hacking a travers le monde.

Pourquoi vous voulez voir apparaître de telles écoles au travers le monde?

Nous sommes de plus en plus dépendants d`ordinateurs et d`informatique, Les gens font confiance aux e mails, home vidéo, Si les gens ne comprennent pas comment marchent les systèmes des ordinateurs, cette confiance aveugle est placée au mauvais endroit. Parce que tous les mails peuvent êtres piratés, votre home vidéo peut être volé, si vous faites du business vous dépendez d`ordinateurs, les gens qui peuvent contrôler les ordinateurs peuvent contrôler votre business, votre vie. C`est pourquoi il est utile d`étudier l`informatique pour comprendre son mécanisme. L`école de l`art du Hacking est le meilleur endroit ou apprendre à vivre en harmonie. Pour créer un centre d`art du Hacking il faut qu il y ait des gens qui dévouent leur vie a cet art. Si il y a des gens qui veulent créer une école de Hacking ils peuvent m`inviter et je peux leur montrer comment nous faisons cela a Moscou, je peux partager mon expérience avec eux.

Vous donnez donc a vos élèves des “armes” pour se défendre, n`avez vous pas peur que ces armes soient utilisées pour d`autres motifs?

Les armes sont faites pour êtres utilisées contre d`autres personnes. Si vous avez des armes vous les utiliserez un jour, vous devez vous préparer pour ce jour, vous devez vous investir pendant de nombreuses heures, jours et mois pour atteindre la victoire le jour ou ces armes seront utilisées, mais comme je l`ais dit avant, ce ne sont pas seulement des armes mais aussi un bouclier, c`est un art créatif. Malheureusement l`art du Hacking est utilisé par les gouvernements contre d`autres gouvernements, par les multinationales, par exemple les DVD ont des codes régionaux, si vous acheté un DVD aux Etats Unis ou en Afrique vous ne pouvez pas visualiser ce DVD en Europe. Donc dans ce cas, l`art du Hacking est utiliser pour se défendre, et peut être même pour attaquer, de façon a ce que les compagnies et les gouvernement aient peur d`utiliser cet art contre la société.

Quand avez vous commencé à vous intéresser au monde des Ordinateurs?

Il est toujours intéressant de savoir comment le monde marche, et bien sur quand il y a un appareil qui calcule très vite, qui a une énorme mémoire, en tant qu`enfant j`étais fasciné. Mais en Union Soviétique d`alors il n y avait pas beaucoup d`ordinateurs, j`ais eu la chance que mes parents soient ingénieurs, et parfois ils avaient accès a de gros ordinateurs, j`étudiais en lisant des livres et j`ai commencé a écrire des programmes sans ordinateur, sur papier simplement, quand ils avaient le temps mes parents écrivaient mes programmes dans l ordinateur. Ils imprimèrent alors les résultats sur papier, ramenèrent ce papier à la maison. C`est de cette façon que j`ai écrit mes premiers programmes.

Comment pouviez vous écrire des programmes sur papier sans accès direct à un ordinateur?

Les premiers ordinateurs étaient actionnes par des personnes appelées “opérateurs”Les programmeurs n`avaient pas toujours accès aux ordinateurs. Normalement le programmeur écrivait le programme sur papier qui était écrit sur ordinateur par les opérateurs. Les opérateurs imprimaient les résultats pour les rendre aux programmeurs, c`est exactement comme j`ai commencé.

Quand avez vous eu votre premier ordianteur?

Mon premier ordinateur était en fait un calculateur programmeur, c`était fabriqué en Union Soviétique et on pouvait l`utiliser pour écrire des programmes. J`ai eu la chance de tomber sur un magazine ou des gens de renommée en informatique en ce temps, y ont écrit des programmes pour enfants très intéressants, a être utilises pour ce calculateur, c`est ainsi que je commençais a étudier l`art du Hacking.

Comment votre aventure a continué? Vous aviez alors qu`un calculateur...

Le calculateur était un vrais ordinateur, il avait un processeur, de la mémoire, un système de commandes un système opérationnel, et les programmes qui étaient écrits pour calculateur étaient de vrais programmes, c`était en 1985, mon premier contact avec de vrais ordinateurs était en 1987 et en 1990 j` ais eu mon premier ordinateur de fabrication soviétique, depuis ce moment j`ai eu accès aux ordinateurs 24 h sur 24

Pouvez vous expliquer la différence entre les ordinateurs type US et ex-USSR?

Les modèles US ont une grande barrière entre la programmation et l`utilisateur, l`approche US est beaucoup comme le système nintendo. Un outil contenant des programmes écrit par une autre personne. Le système soviétique était plus proche du système européen, comme les ordinateurs sinclair. La différence principale était que le système soviétique avait un système d écriture de programmation personnalisée, vous pouviez distribuer les programmes que vous écriviez a vos amis. Depuis que Microsoft coopère avec IBM, certains outils de programmation ont étés retires du système IBM, ainsi que le langage basique des ordinateurs, de cette façon on ne peut qu` utiliser les programmes qui ont étés écrit par d` autres .Si vous voulez développer votre propre programme vous devez acheter le logiciel.

Apparemment la recherche et le développement informatique sont en stagnation en Russie.

Oui, il y a eu une grande intervention de culture occidentale dans la culture soviétique, les gens qui construisaient les ordinateurs soviétiques existent encore, leurs livres existent encore, ils ont des étudiants, mais ils ne peuvent rien faire, nous n`avons plus le contrôle de notre propre industrie. Mais il y a une autre approche, l`école de l art du piratage est un outil pour gagner du pouvoir sur une technologie qui a été crée par d autres. De cette façon, même dans notre situation économique actuelle, ne pouvant plus fabriquer beaucoup d`ordinateurs, nous pouvons quand même contrôler les ordinateurs qui sont fabriques a l`étranger.

Quelle est la différence entre un Hacker Informatique en URSS et celle dans la Russie aujourd`hui?

La différence principale est qu`en URSS nous avions beaucoup de temps libre, nous pouvions étudier les ordinateurs pendant de nombreuses années sans interruptions. Maintenant c`est plus difficile d`arriver a des niveaux élevés dans l`art du piratage. Car les compagnies sont intéressées par le savoir des pirates informatique, C`est pour cela qu`il est très difficile pour mes étudiants de passer du bracelet rouge au bracelet noir (système de bracelets comme les ceintures au Karaté) Des qu`ils ont atteint le bracelet rouge, de nombreuses compagnies s`intéressent a elles, celui qui veut atteindre le bracelet noir ne doit pas être influencer par le gain et être indépendant. Sinon une multinationale va l`engager pour toujours et cette personne ne feras plus de progrès.

Vous êtes contre le fait que vos étudiants puissent utiliser leurs connaissances pour trouver un bon emploi?

Un Hacker est une personne, elle décide d`elle même ce qu`elle doit faire pour aider d`autres personnes, c`est la différence entre un programmeur professionnel qui ne contrôle pas ses propres actions, une compagnie ou un patron contrôle les actions a sa place, et il devient donc de plus en plus un robot. Une machine par lui-même. Ceci existe dans chaque art, par exemple des poèmes qui ont étés écrits pour de l`argent ou sur commande pour un dictateur avec un thème défini.

Pouvez vous me dire plus sur les Hackers en URSS?

A l`époque soviétique il n y avait pas beaucoup d ordinateurs, et c`était positif, car les gens qui étaient passionnes d`ordinateurs se rencontraient dans des endroits publics ou il y avait des ordinateurs, et pouvaient ainsi communiquer entre eux,s`entraider. Pour étudier les ordinateurs, c`était un bon départ pour le mouvement des Hackers. Aujourd`hui notre école joue ce rôle, les gens qui veulent étudier l`informatique, se rencontrent chez moi.Se retrouvent par Internet, et s`entraident pour étudier l`informatique. En ce qui concerne le gouvernement a l`époque soviétique, j`étais enfant, j`étais surpris que le gouvernement ne nous donne aucune attention, malgré nos activités, car on piratait des programmes d`une société capitaliste et les distribuions gratuitement au public, c`était notre donation pour la société, c`était une forme d`honneur pour nous, comme Robin Hood. Aussi nous écrivions les premiers virus, nous pirations des réseaux locaux, nous faisions des réseaux globaux. Mais le gouvernement était occupé par son propre business. Aujourd`hui le gouvernement donne plus d`attention aux réseaux de Hacking underground, ce qui nuit a leur développement naturel, de la même façon que les multinationales nuisent au développement naturel de l`économie.

Comment voyez vous le futur de votre école?

J`aimerais vraiment que dans le monde il y aie des maîtres dans l`art du Hacking, qu`il y aie des « Dodges » ou les gens puissent venir demander des questions aux maîtres, et que la société reconnaîtra enfin, que nous avons besoins de bon Hackers, aussi j`aimerais que ces centres aient de bon rapports entre eux, car parfois il y a des problèmes qui ne peuvent êtres résolus qu` en s`entraidant.

Vous avez été cette année à Berlin au « Chaos communication camp » quelles sont vos impressions?

J`ais vraiment apprécier la communauté des Hackers en Europe, J`ais trouver que la communauté des Hackers allemands est très bien organisée, je leur en suis très redevable, car grâce a eux j`ais pu atteindre toute la communauté européenne. Il y avait des gens des USA, de l`Ukraine...en Russie c`est très difficile d`organiser de tels événements, nous avons eu le rassemblement des Hackers au millenium 2000, cette année nous avons rassemblé environ 200 personnes, et nous avons eu beaucoup de pression du gouvernement, indirectement par des gens qui travaillent dans des services de sécurité, et sous d`autres formes, en Europe j`ai vu que la communauté des Hackers était très libre et n`avait pas ce genre de problèmes, aussi en Europe, les spécialistes de la sécurité informatique et les Hackers sont vraiment des amis, et ne se disputent pas entre eux, c`est naturel, car défendre et attaquer ces technologie est la même chose, il n`y a pas de raison de séparer attaque et défense car si vous vous défendez de quelqu`un vous devez savoir comment attaquer et vice versa. En Russie il y a parfois des conflits entre Hackers et les spécialistes de la sécurité informatique a cause des compagnies, parfois les compagnies de sécurité poussent les Hackers vers des chemins criminels, car si il y a beaucoup de criminels informatiques il y a plus de travail et d`argent a gagner pour eux. Je pense que la situation en Europe est plus naturelle,

C`était aussi votre premier voyage en Europe, quelles sont vos impressions?

Oui, c`était mon premier voyage en Europe, j` ais trouver que l` Europe est beaucoup comme l`Union Soviétique pendant ses derniers jours, je sens vraiment que je suis de retour dans mon enfance avec de fortes traditions soviétiques, nous étions alors influencés de l`étranger et on nous faisait croire que nos traditions sont mauvaises, nous avons aussi commencer a importer des produits, j`ai vu ces mêmes produits en Europe, qui n`étaient pas fabriques en Europe, et j`ai trouver que les gouvernements européens, et les gens perdaient contrôle de la même façon que les nous avons perdu le contrôle pendant la période Gorbatchov-Yelstin.

Vous pensez que l`Europe s`américanise et perds sa culture?

Oui je pense que les Européens ont beaucoup aidé les USA de détruire le système communiste, et je pense que par une certaine loi de la nature, l` Europe sera détruite de la même façon que l`Union Soviétique l`a été. C est comme une seconde loi de Newton. Si vous faites quelque chose, la même chose se passeras avec vous ,mais j`ai du regret à voir ces mêmes signes en Europe aujourd` hui, que j`ais vu en Union Soviétique. Oui je pense que la culture Américaine est maintenant très agressive envers la communauté Européenne.

 

par Nomade publié dans : Philosophie
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Dimanche 20 janvier 2008
(...)Finalement, il fut décidé de partir sur le champ. Nous nous installons dans un vieux train local « Elektrichka ». Les banquettes en bois n’ont même plus de dossiers. Nous irons aussi loin que le train ira, jusqu’à la dernière station. Là nous reprendrons un autre train tôt le matin (en fait, de nombreux autres). Inutile de dire, que nous n’avons pas de tickets. Personne n’a de roubles en trop pour se payer cela ! Alors que le train démarre, je m’aperçois que tout c’est passé tellement vite que la décision s’était prise toute seule !
" Oh, me voici encore reparti pour l’avanture", pensais-je. Sans compter que mon visa n’était pas valable pour cette région. Mais je commençais à sentir une grande satisfaction intérieurde d’être à nouveau sur la route.
 
Dans le train, nous rencontrons un couple : Alexis et son amie. Ils nous reconnaissent tout de suite comme « Rainbow » à cause de notre allure de Hippies, ils y vont aussi.
A première vue, Alexis, un grand chauve avec un fort caractère ne m’inspire guère confiance.
 
Encore moins quand je le vis compter une pile de billets de 500 roubles au milieu de tout le monde, qu’il plie ensuite en minuscules carrés, pour les faire habilement rentrer dans la minuscule pochette que son amie porte autour du cou. Où a-t-il trouvé tout cet argent, et pourquoi l’emporter au Rainbow, pensais-je.
 
Au début, nous ne leur prêtons pas trop d’attention. Mais Alexis et son amie font visiblement des efforts pour s’approprier notre amitié, ils nous offrent de la bonne nourriture, nous nous régalons.
Ensuite, Alexis nous bombarda de photos pendant tout le reste du trajet ! Puis il nous distribua le prospectus d’un magasin de sport…
Malgré que les vieux bancs en bois n’ont plus de dossiers, nous nous installons tout de même plus ou moins confortablement en nous adossant sur nos sacs à dos.
 
L’on chante des chansons russes tout le long du trajet. Olga, une fille toute petite avec des lunettes, chante merveilleusement bien, elle a même été envoyée à Londres pour chanter en public. Un autre gars, qui joue habituellement dans le métro, l’accompagne de temps à autre avec une flûte.
Puis ils me demandent de chanter à mon tour, je m’amuse à frédonner la mélodie de la Katchucha, cela les fait rire, alors je leur demande avec émotion de chanter cette chanson, car je l’aime beaucoup.
 
Olga jette un regard inquiet aux autres passagers. Puis elle me dit : « Non, non, on ne peut pas chanter cette chanson ici ! » « Ah bon, pourquoi », je réplique déçu. « On n’aime pas trop cette chanson, on nous a obligés d’apprendre cette chanson durant le communisme, c’est une chanson très triste, d’une femme qui attend son mari parti à la guerre. C’est une chanson du parti communiste ».
 
Déçu, je n’insiste pas, puis tout le monde chante à son tour. Le paysage est toujours le même, de la forêt et de temps en temps des champs à l’infini, tout cela sous un ciel très bas et énorme.
 
La contrôleuse passe, comme dans les trams de Petersburg. Je me tais, et les autres disent : « On est désolés, on n’a pas d’argent, on est juste de pauvres hippies ». Puis Olga caresse d’un mouvement de son bras le groupe de 12 personnes que nous sommes, la contrôleuse insiste encore pour nous vendre des tickets avant d’abanbonner.
A ce moment-là, Alexis entreprend un marchandage et n’achète que 3 ou 4 billets pour tout le monde, au lieu de 12. Olga ne dit rien à Alexis, mais se vexe. « C’est stupide, on aurait très bien pu faire sans tickets, c’est inutile ! »
 
Alors que nous approchons de la dernière station, nous devons décider si nous allons déscendre à une station où il y a de la forêt pour y monter nos tentes, ou descendre à la dernière station, là nous pourrions peut-être autostopper un train de marchandises qui roulera vers Bolagoya durant la nuit. Le cas échéant, il y aurait un hangar vide où nous pourrions étendre couvertures et sacs de couchage.
 
Notre groupe et moi pensons plutôt descendre avant le terminus et camper en forêt. Après un bref calcul, nous disposons de suffisamment de tentes pour y loger tout le monde.
 
Mais Alexis et sa copine insistent pour descendre au Terminus. C’est ce que nous faisons.
 
L’endroit me donne une étrange de sensation de bout du monde. Il y a là une longue gare toute brûlée, et il n’y a là absolument rien d’un quelquconque intérêt. Nous nous installons sur des sièges en plastique, sous une passerelle qui traverse les voies. Il y a là une minuscule buvette démontable, et des ivrognes qui nous dévisagent avec notre allure de hippies,
 
En Russie, les hippies ne passent jamais inaperçus. Des policiers et des militaires bourrés se joignent aux ivrognes et nous dévisagent eux aussi. Autant dire que je ne suis pas très à l’aise à l’idée de passer la nuit dans cet endroit.
Soudain, j’entents « Rainbow, Rainbow ». Un gars avec un pantalon en lambeaux se présente à nous. Il va lui aussi au Rainbow. A ma grande déception, il est lui aussi complètement bourré, son visage est tout rouge, mais il semble très sympathique. Nous nous retrouvons donc à 13. 4 hommes et 9 filles !
 
Je surveille les sacs pendant que la plupart sont partis à la recherche d’un train de marchandises. Mais ils n’ont rien trouvé. Alors Olga et deux autres partent longuement à la recherche d’un endroit où dormir.
 
Pendant ce temps, j’aperçois le soleil qui se couche, et un train qui arrive, je peux l’observer longtemps avant son arrivée grâce à l’immensité du paysage. La silhouette noire du train qui se rapproche, se mélange avec les dernières lueurs du soleil rouge, et l’immensité du ciel, celui-ci, tout coloré de rouge, puis de jaune et précède plus loin par un bleu turquois très pâle, que je n’ai vu qu’en Russie.
 
Derrière moi il y a la gare brûlée et les ivrognes qui trinquent. Il m’est difficile d’exprimer cette sensation de beauté pittoresque dans cette froideur rude de bout du monde.
 
Je me rassois avec les autres sous la passerelle. Alexis donne un jeans moins troué « plus convenable » à notre nouveau compagnon ivrogne. Il l’enfile tout de suite, regarde si la taille est bonne, puis jette un regard satisfait, il se rassoit aussitôt et se met à recoudre son propre pantalon en lambeaux. Tandis qu’Alexis, assis à côté de lui, découpe au couteau une couverture pour en faire un poncho.
 
Il faut dire qu’il fait rudement froid et avec ça, je n’ai toujours pas de chaussettes et juste un pull extrêmement fin, rien d’autre !
 
Après un moment, notre nouvel ami ivrogne quémande des pièces de monnaie à tout le monde, tous lui donnent toutes leurs pièces, je lui donne les quelques kopecks qui traînent au fond de ma poche. Aussitôt il disparaît avec Alexis dans une allée sombre.
 
Je reste seul avec les quelques filles qui restent. Un vieil ivrogne s’approche, il parle avec une des filles. Visiblement, la fille lui plaît beaucoup, puis il aperçoit la magnifique guitare de notre riche ami Alexis, bien rangée dans son étui tout neuf !
 
Ce vieux ivrogne veut absolument jouer un morceau, il insiste et insiste, mais ce n’est pas possible, c’est la guitare d’Alexis et il n’est pas là. Finalement, il s’en retourne sur son banc au bord des rails.
 
Entretemps, Alexis et notre ami ivrogne reviennent avec des bières dans de grands gobelets en plastique. Nous trinquons tous ensemble, tandis que le vieil ivrogne revient, avec, cette fois-ci, un magnifique bouquet de fleurs cueillis dans les bacs a fleurs de la gare . Il l’offre à la fille. Après avoir sympathisés avec les vieux, nous lui offrons un gobelet de bière.
 
Satisfait, il retourne s’installer sur son banc, et donne la bière à son copain ivrogne, qui la boit doucement. La fille distribue une fleur à chacun, nous nous retrouvons tous avec une bière dans une main, et une fleur dans l’autre, à trinquer là sur le quai, bien joyeusement.
 
Puis vient la nouvelle qu’on aurait trouvé des gens prêts à nous acceuillir dans leur isba. Mais ce n’est pas encore sûr, car nous sommes trop nombreux. Nous irons seulement, si nous pouvons y loger tous ensemble.
 
Après avoir attendu bien des heures sur le quai de la gare, Olga revient avec un petit vélo  (...) suite pas publiéee
par nomade publié dans : Aventures de voyages
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Dimanche 20 janvier 2008
La pratique se passe dans les faubourgs d'Ulaan Bator. 60% de la population de la capitale y vit ou plutôt y survit,  dans un décor de milliers de yourtes a perte de vue, ces habitations sont encadrées de murs en vielles planches et de débris de toute sortes, d'énormes chiens en assurent la garde.
Entre ces murs de planches,  des pistes sinueuses en terre battue forment le reste du décor, le vent en arrache le plus souvent une poussière fine,  quand ce vent souffle fort ce sont alors sacs en plastiques et débris de toutes sortes qui voltigent  au dessus de nos têtes.
Il faut conduire doucement, éviter les trous qui se présentent partout, être constamment sur ses gardes du a l’irrégularité de la piste, aussi il faut avoir un œil pour les ivrognes titubants, ceux ci ne sont pas rares dans ces parages défavorisés.
A notre dernier passage il y avait la, un homme à plat ventre immobile gisant au travers de la piste, dont les tibias trempaient dans une flaque d’eau boueuse.
 Mon professeur de conduite, qui parle un peu le français m'a dit: « celui la il est mort » Je fis alors un gros virage pour contourner, tout en évitant d’éclabousser le malheureux.
Par deux immenses portes branlantes et surveillées nous arrivons au terrain  de pratique de l’auto école, celui-ci  étant juche sur le haut d’une colline, nous apercevons au travers de nuées de poussières en constante mouvance, et quelques pans de ciel bleu, des yourtes a perte de vue.  
On se retrouve sur une immense piste rectangulaire en asphalte, défoncée, trouée, dotée de touffes d'herbe qui se frayent  péniblement un passage entre les fissures du bitume, fissures qui  rappellent le dos d’un crocodile.
 Le gardien vit dans une yourte à l’entrée du terrain, il doit surveiller les entrées et les sorties en prélevant une modique taxe par voiture.  Il est assis dans sa Yourte, sur un vieux bidon de peinture renverser, en face de lui, une vieille table branlante.
  En voyant arriver notre professeur de conduite, le gardien commence a mélanger nerveusement son jeux de poker, mon professeur de conduite s'assied en face de lui sur un autre bidon, ils jouent au poker comme des enfants, se traitent de tricheurs, se piquent les cartes, et rigolent comme des fous, se tapent sur l'épaule, en face de chaque joueur une pile de billets de banque nerveusement jetés s'accumule doucement.
Nous allons  donc nous entraîner seuls, comme presque chaque fois, sur la piste en « crocodile » pendant que notre professeur s'amuse à la yourte casino!
Nous roulons entre des parkings et tunnel simules, marques de bâtons peints en rouge et blanc, plantes dans des carres de béton qu’il faut remettre en place chaque fois qu’on en renverse un.
 A chaque leçon on s’entraîne ainsi pendant une ou deux heures, ensuite on reconduit au centre ville.
Des l’inscription au cours on c’est arranges pour n’être que deux a partagé la voiture, mois et Uyunga, une amie Mongole qui a vécu son enfance à Gentot (Genève) à la résidence du consul de Mongolie. On s’entraîne a tour de rôle au volant.
Il y a  la de nombreuses autres voitures auto école, la plupart accommodent  4 élèves par voitures qui s'entraînent eux aussi a tour de rôle, pour économiser l'essence, les heures de conduite par élève sont comptées par temps de voiture, peux importe le nombre d’élèves assis a l’intérieur.
Chacun attends son tour l’honneur de passer  un moment au volant, tout en regardant tranquillement par la fenêtre en subissant les assauts et soubresauts que leurs camarades leur font subir sur cette piste déglinguée.
Je m'entraîne à parquer la voiture et à faire marche arrière, pendant qu'Uyunga se plaint de notre professeur qui ne pense qu’à jouer au poker plutôt que de nous apprendre a conduire.
Boum... « Zut j'ais cogne un petit muret », bon c'est pas grave, on ne verras rien me dis je, car je ne suis pas sur si il a une coin de carrosse  ou il n’y a pas de bosse.
On continue a faire marche arrière, marche avant, pendant ces manœuvres on s'aperçoit que ça fume un peu de l'avant, je continue quand même un peu, mais finalement ça fume aussi de l'intérieur de la voiture.
Uyunga va dans la yourte casino pour demander pourquoi notre voiture fume, mais notre professeur trop absorber dans ses cartes envoie un jeune homme pour regarder a sa place.
Celui-ci prends la clef de la voiture et fait un grand tour de piste, puis il dit : « il n'y a rien, tout est normal ! » Il nous rends les clefs tout en s’empressant de revenir sous la Yourte.
On continue mais avec beaucoup de pauses, afin laisser partir la fumée quand elle devient trop dense et qu'on a du mal a respiré.
Pendant une de ces "pauses fumée" un jeune mongol qui apprends aussi a conduire vient a nous et s'adresse a mois en anglais dans un parfait accent américain de surcroît arrogant : 
«  Vous n’avez pas peur que ça explose? Pourquoi roulez vous alors que la fumée sort de partout ? Ca peut exploser vous savez! »
Désemparer je lui réplique simplement que mon professeur a dit que c'est normal. Alors le Mongol répond : « Mauvais professeur »
(Plus tard j’appris que ce jeune Mongol, Il s’appelle Troy, a étudié dans une école de police en Turquie, ses parents dont il est très fier sont des chefs de la police en Mongolie)
Finalement notre professeur qui entre temps a du entendre parler de la voiture qui fume(...) continuation pas publiée.
par nomade publié dans : Expat life
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  • : Modern Nomad
  • 22-ans-en-asie
  • : Voyage voyages
  • : J'ais vécu pendant 22 ans dans divers pays d'Asie de facon plutôt bohème, toujours en vivant avec les gens du pays, parfois j'ais risquer ma vie et ma santer dans des aventures folles, qui sont souvent aussi des histoires a mourrir de rire,j'aimerais bien partager un peux ici, J'écris un livre et j'aimerais bien avoir l'avis des internautes visiteurs de mon site, merci! Et bonne lecture..
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